Cette fois-ci, je vais faire quelque chose d'inhabituel : aucune structure. Je n'ai qu'une envie, c'est me lâcher, je vais donc le faire, et inconditionnellement. Je me sens horriblement seul. Autant que je peux être lunatique. j'ai remarqué qu'à part deux ou trois rares personnes, la plupart des gens sont ravis que je les appelle, mais ne semblent pas disposé à en prendre l'initiative. C'est un détail, ridicule, peut-être qu'il est puéril de m'attarder dessus. Mais j'ai comme une rage qui gronde au fond de moi, depuis deux heures, et ce sentiment la fait enfler, déborder par toutes les pores de ma peau. Et donc je parle tout seul. Je me pose les problèmes, les décortique jusqu'à la moelle, jusqu'à m'en rendre fou. Et je sautille, je marche dans tous les sens, j'arpente ma maison et son parquet usé d'un pas frénètique. Puis une envie soudaine me prend, je ramasse un baton, je me livre à un combat fictif face au terrible ennemi inerte qu'est devenu ma glissine. Je l'entaille, l'égorge, l'éventre, la perce de multiples fois, simule des coups d'estoc, de taille, plusieurs coups de grâce, mais elle se refuse à céder. Comme la masse de mes soucis, dans laquelle je sabre sans cesse, mais qui reste la, m'inposant une pesante présence. je m'arrête donc, conscient de la futilité, l'infantilité de mon geste. Je pousse un hurlement de rage impuissante. Puis voila l'heure de faire face à mes responsabilités, promener le chien, laver ses conneries de la nuit dernière, le nourrir, ranger la cuisine, vider le lave-vaisselle, étendre la machine. Bizzarement, alors que je recherche une certaine indèpendance, me retrouver avec tellement de choses à faire et à penser, en sachant que ma mère ne sera pas derrière pour vérifier le boulot, est une tâche considérable, même pour un court labs de temps de quatre jours. Je prends alors mon appareil à communiquer avec les gens malgré une distance conséquente, ou encore mon boitier cubique émetteur d'ondes, et je commets un acte plutôt réprèhensible, totalement puéril : je passe cette colère sur ma mère, lui impose mon mécontentement. Elle n'y comprend rien, pensant me faire plaisir en me laissant la maison. Mais cette solitude, dont laquelle je me délectait la veille, s'impose brutalement à moi. Couplé à tout ceci, j'ai un mauvais préssentiment. Je suis comme persuadé que ma relation avec la fille que j'aime n'à jamais été aussi fragile, Comme un bout de fromage fondu qui s'étire, encore et encore, jusqu'à devenir tellement ténu qu'on le voit à peine. J'en souffre et j'en rigole, comme si j'avais à la fois envie de rire et d'en pleurer, de rire de moi, de mes scénarios catastrophes que j'imagine sans cesse et qui me bouffent, et de pleurer de la clairvoyance, la lucidité qui s'en échappe malgré tout. Quoique, j'admets que je suis capable de me tromper avec elle. Je ne sais jamais quoi faire ou quoi dire, ou même quoi penser, à son sujet. Le sage omnipotent, en avance sur son âge et quelque peu pédant se retrouve dépouillé de tout bon sens et logique devant une jeune parisienne fantasque, débordante de vie, à sa façon tellement mature, et qu'il n'arrive pas à cerner. Même si au final, il ne trouve pas cela si désagréable ;). quoi qu'il en soit, j'ai toujours été très bon pour ressentir et percevoir les choses. Et toujours très mauvais quant il s'agit de les corriger par l'action. Je ne parle pas de couardise ou de lacheté, plutôt d'une angoisse perpétuelle, et d'une attitude souvent dirigée par le " oui, mais... ". Je musèle mes envies, mes émotions et mes sentiments, les cloitre, les force à assister à une messe ou mon esprit est le curé, et ou il leur martèle un sermon sonore, répétitif.
Nous sommes le lendemain. Je me suis totalement livrer à la fille que j'aime, lui exposant toutes les étranges peurs qui m'assaillaient sans raison. Pour une fois, mes émotions, mon ressenti pur, ont brisé la vitre de la raison, ont parler avec leurs propres mots. En faisant cela, je ne sais pas si j'ai fait une bêtise, ou si je me suis permis, au contraire, de me libérer de tout ça. Mais au fond, tout ce que j'ai pu lui dire est vrai, même si j'ai surement mal formulé mes propos. Très peu de gens se sont montrés réellement gentils avec moi. Depuis plus de six ans, j'ai été en butte aux moqueries, aux critiques d'autrui, à cette tendance à ne pas être pris au sérieux. Mes attitudes face à l'adversité ont été fort variés : La victimite, le repli sur soi, un mur de haine s'èlevant lentement mais surement, contre la gent féminine en particulier car elles étaient de mon point de vue les plus fourbes et cruelles. Puis la voie de la sagesse est arrivée alors que je tissais mes premiers réels liens avec les gens. De nombreuses réponses s'offrent à toi quand quelqu'un d'autre te fait du mal, intentionnellement ou non, par oral : le frapper, l'ignorer, s'en aller, pleurer, ou encore abonder en son sens en riant de soi même, lui enlevant l'opportunité de surenchérir. Je préfère la 3ème option, car tout en étant capable de fournir de bonnes réparties, ces pamphlets improvisés ne sortent que rarement. Partir soudainement, pour se poser seul dans son coin ou voir d'autres gens t'apparaissant plus sympathiques, est un compromis acceptable. Il permet à l'autre de contempler toute l'indiffèrence que tu éprouve pour ses inepties.
Bon, il semble que j'en ai terminé, pour le moment. Je te donne un petit conseil de mon cru, à savourer sans retenue : regarde " Oui, mais... " Avec Gérard jugnot et " le cercle des poètes disparus ". Ce genre de films fait un bien fou. A bientôt cher inconnu, la plume me sourit ces jours-ci.
Humeur : partagée
photo : Petit bout de soeurette que j'aime =)
Musique : anberlin